Il s’agit donc des rapports existant entre le subtil – orientations, mouvements de l’énergie vitale – et le matériel – constructions suivant des principes millénaires, disposition de l’habitat dans l’environnement, dispositions des pièces dans l’habitat, disposition des objets dans les pièces... et permettant une meilleure harmonie du cadre de vie ainsi qu’une réalisation personnelle liée à l’utilisation rationnelle des énergies positives de la nature et de l’univers.

Comme souvent en ce qui concerne la Chine un terme unique peut cacher une vision multiple. De même qu'il existe de multiples écoles, tendances, styles, variantes de"Qigong", de "Taichi" ou de "Kung-Fu", il existe, également, de multiples écoles de "Feng Shui".

Entre le "Feng Shui" des "Formes", celui de la "Boussole", celui des "Etoiles Filantes" ou celui des "Charmes" il y a souvent autant de différence qu'entre le "Kung-Fu" qui consiste à briser des planches et des briques et le "Taijiquan", autre Art du Poing, qui se pratique en lenteur le matin dans les parcs.
Chacun étant bien évidemment intimement persuadé que "l'autre" n'a rien compris.

Nous souhaitons ici non pas vous proposer une consultation mais vous informer sur les divers aspects de ce Feng Shui considéré comme un "Art Classique du Tao" à part entière. Dans cette hypothèse nous nous rattachons bien évidemment au courant que nous connaissons le mieux : celui des praticiens (Daoshi) du Ling Pao Ming ou
" Clarté du Joyau Magique".

Voici, à ce sujet, ce qu'explique Muriel Baryosher Chemouny, élève de Catherine Despeux, dans "La quète de l'immortalité en Chine - Alchimie et paysage intérieur sous les Song" (Editions Dervy) :

"Au début de cet ouvrage nous avons insisté sur l'importance des illustrations (Tu) dans la tradition du Joyau Magique. Rappelons que les talismans tels qu'ils sont produits dans le Lingbao (Joyau Magique) sont formés à partir d'éléments représentatifs indissociables les uns des autres et forment une unité telle qu'on l'entend, par exemple pour le style calligraphique dit "de l'herbe folle" (Kuandshu) dont la particularité est l'unique trait de pinceau. Unique parce que tracé d'un seul souffle, souffle de l'Unité, "depuis le coeur de l'artiste jusqu'à la pointe du pinceau". Pour notre propos il convient de nous attarder sur les Tu (diagrammes) et les Fu (talismans). Nos textes, tout comme ceux du courant du Joyau Magique (Lingbao) accordent une extrême importance à la visualisation intérieure. Le fait d'imaginer la chose la créé, car imaginer consiste à insufler la vie à une forme. Si bien que l'extérieur et l'intérieur ne font plus qu'une seule et même entité".
Afin d'étayer son propos elle cite ensuite le "Recueil d'instruction de Wang Shouren"
(Chuangxi Lu).

 

Auteur Georges CHARLES